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Portrait de Aude-Marie Olette, infirmière en santé sexuelle au CeGIDD de la Croix-Rouge

Depuis combien de temps exercez-vous à Paris Centre ?

Depuis 3 ans

Pouvez-vous nous décrire votre activité ?

Le CeGIDD a plusieurs missions : dépistages, initiation et suivi PrEP, consultations de sexologie et de contraception (en pause pour le moment). Je suis spécialisée en santé sexuelle. Nous avons au sein du CeGIDD des protocoles de coopération avec les médecins, je fais donc les entretiens de dépistage et je prescris les examens. Nous effectuons sur place les prélèvements sanguins et locaux que nous envoyons en laboratoire. Je suis également infirmière de coordination hors les murs. Nous mettons en place des actions avec des partenaires, telles que l’actions aux halles que nous avons réalisée avec la CPTS, des stands sur la contraception, etc. J’interviens auprès d’un public jeune, victime, ou parfois auteur de violences, migrants, etc. 

Une spécialité ?

Je pratique la méditation pleine conscience. J’ai commencé à développer cela dans un autre centre en accompagnant les femmes qui réalisent des IVG par aspiration sous anesthésie locale. J’ai ensuite passé un DU à Toulouse et je pratique en individuel ou en groupe. Dans ce cadre je me suis spécialisée dans l’accompagnement des violences, les addictions et le chemsex, mais je vois aussi des personnes qui ont une intensité de travail importante, des grands sportifs ou des personnes qui ont des douleurs pelviennes liées à l’endométriose par exemple. Cette discipline s’applique aussi en individuel et sur tous les domaines : le psychotrauma, les maladies chroniques, l’observance médicamenteuse…

Qu’attendez-vous de la CPTS ?

J’aimerais travailler sur des sujets précis :

Le chemsex, qui est de plus en plus répandu. Il y a un réel enjeu de santé publique. Il faut aller vers une réduction des risques efficace.

La contraception : d’une part il y a de plus en plus de femmes qui se plaignent de découvrir pendant un rapport que le préservatif a disparu, c’est traumatisant, c’est une agression sexuelle. On peut informer plus sur le préservatif interne car c’est très utile et ça donne une certaine tranquillité d’esprit. D’autre part l’heure n’est plus à l’hormone, il faut vraiment informer sur d’autres méthodes de contraception, car le retrait est très « tendance » et on a beaucoup de grossesses non désirées… je discutais avec une pharmacienne qui me disait délivrer 50 pilules du lendemain par jour… 

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Je trouve génial cette aventure de CPTS, de travailler en pluridisciplinarité, ça m’apporte énormément. Je fais partie de deux groupes de travail dynamiques : TND et santé sexuelle. On s’aperçoit en plus que ces sujets se croisent car j’ai des patients atteints de TND victimes de violences, ou plus exposés aux addictions… cette richesse d’échanges c’est génial.

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